Ma République pour un Royaume

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Il y a quelques jours, un internaute nous a contactés pour nous faire part d’une question qui le tourmentait suite à la découverte de notre projet. Voici ce qu’il nous a écrit:

« Bonjour,
Ya un truc qui va pas dans votre idée. Vous dites que vous voulez plus de démocracie avec la hollande, mais en même temps vous voulez qu’on soye dans un pays ou le chef est un roi alors que nous on leur coupe la tete aux rois LOL
Alors c’est quoi le projet genre on fait partie du pays et deux trois semaine apres on lui coupe la tete ou genre on est des baltringue et on dit ouais ca va ca nous va comme ca et jai 100 balles et un mars si vous voulez??? »

Curieusement formulée, la question reste légitime. Et appelle des réponses qui tiennent la route.

Lorsqu’on nous demande quel est la nature exacte de notre projet, la réponse est invariablement que nous souhaitons le rattachement de notre belle ville d’Auvers-sur-Oise au Royaume des Pays-Bas.

Royaume, oui.

Oui, un pays à la tête duquel trône actuellement un roi, le sémillant Willem-Alexander (connu naguère sous le sobriquet de Prins Pils, à désigner désormais sous la terminologie Sa Majesté le Roi des Pays-Bas). Ce dernier doit son statut à sa maman Beatrix, qui l’a précédé en tant que souverain du même pays. Elle-même tenait son trône de sa propre mère, la reine Juliana. Et ainsi de suite. Les rois et les reines se sont succédé depuis Guillaume Ier, premier de la lignée des rois et reines du Royaume des Pays-Bas.

On notera que Guillaume Ier, à la différence de nos propres rois, n’était pas un monarque de droit divin. Non, il devait son job au Congrès de Vienne, nom fort sérieux donné à des réjouissances entre têtes couronnées européennes qui se tinrent entre 1814 et 1815, au sortir de la défaite de Napoléon Ier, afin de remettre un peu d’ordre dans la carte d’Europe. Chose étrange, c’est donc suite à un bordel sans nom initié par un consul français un peu trop ambitieux, qui devait son poste à la Révolution Française, qu’a débuté le règne de la maison d’Orange-Nassau sur les Pays-Bas.

En quelque sorte, on peut dire que la Révolution Française est à la fois à l’origine du fait que depuis plusieurs décennies la France n’a plus de roi à sa tête, mais aussi du fait que les Pays-Bas soient, eux, une monarchie constitutionnelle. En quelque sorte, chacun des deux régimes en place se justifie sur la base de la même histoire. Faire passer notre commune de l’un à l’autre ne pose donc absolument aucun problème du point de vue de la cohérence historique.

Alors évidemment, il se trouvera quelques esprits chagrins viscéralement opposés au concept de monarchie pour juger que notre cheminement est par trop alambiqué et ne suffit pas à justifier un régime inacceptable à leurs yeux. Que leur répondre? Dire qu’aucun système n’est parfait, cela peut paraître un peu facile, mais en même temps, il faut bien reconnaître que c’est vrai. À cet égard, la Ve République, en vigueur en France depuis 1958 n’est pas exempte de reproches, loin s’en faut.

Combien de voix se sont-elles élevées pour dire que le système français n’est en fin de compte qu’une forme de monarchie républicaine? Le président français, tout élu qu’il soit au suffrage universel, dispose de pouvoirs plus étendus que n’importe lequel de ses homologues en place suite à un vote démocratique. Le pouvoir en place nous en fait encore démonstration: tout comme ses prédécesseurs, le Président, et son gouvernement, s’appuient sur une Assemblée Nationale où siège une majorité absolue au garde-à-vous où tout avis contraire librement exprimé expose aux sanctions. Ce qui laisse songeur.

Nous l’avons déjà expliqué, à l’origine de notre projet, il y a notre insatisfaction profonde vis-à-vis du système, doublée de la certitude que nous ne pourrons pas le changer. La seule option qui nous paraît envisageable pour changer de système est donc de changer de pays. Un pays avec un autre système Un autre régime, même, puisqu’il s’agit d’une monarchie. Parlementaire, mais monarchie quand même.

Le Royaume des Pays-Bas est un pays qui surpasse la France dans des domaines trop essentiels pour que nous laissions passer notre chance d’en bénéficier. Si pour cela, il faut apprendre à faire la révérence devant un roi ou se fader les réjouissances pour un couronnement tous les 30 ou 40 ans, nous saurons le surmonter. Et puis après tout, c’est une démocratie, ceux qui le souhaitent pourront rejoindre les rangs des républicains néerlandais, qui ont comme tout le monde voix au chapitre dans ce beau pays.

Oui, nous survivrons au fait de devenir les sujets d’un roi qui n’a plus de fonctions que protocolaires. Mieux que cela, notre ville saura mieux s’épanouir au sein d’un Royaume dynamique que d’une République moribonde, nous en sommes convaincus. Et puis qui sait, peut-être le peuple néerlandais n’attend-il que nous pour mener à son tour une révolution abolissant les privilèges acquis du simple fait de sa naissance. Tout est possible.

« Al draagt een aap een gouden ring, het is en blijft een lelijk ding. »

PRA