La question butryote

Butry-sur-Oise - Plaque de direction

Beaucoup de gens l’ignorent, mais Butry-sur-Oise, jusqu’en 1948, faisait partie de la commune d’Auvers-sur-Oise. L’invention des communes sous leur forme actuelle remontant à la Révolution Française, c’est à cette époque que naquit la municipalité d’Auvers, à laquelle fût incluse ce qui n’était alors que le hameau de Butry. Près d’un siècle et demi ans plus tard, pour des raisons qu’on peine encore à s’expliquer, un démembrement fût unilatéralement décrété par le préfèt de Seine-et-Oise de l’époque (à lire sur le Journal Officiel, de sinistre mémoire), amputant Auvers-sur-Oise de Butry, faisant d’elle, aujourd’hui encore, la plus jeune commune de France.

Butry était encore un hameau auversois en 1890, au temps béni du séjour de notre cher Vincent à Auvers-sur-Oise. La mise en terre de ce dernier constituant selon nous le point de bascule auquel on peut faire remonter le lien indéfectible de notre commune avec les Pays-Bas, nous sommes forcés de nous interroger sur ce que doit être le destin de Butry dans le cadre du Rattachement prochain que nous appelons de nos voeux.

Bien naturellement, au PRA, nous sommes enclins à penser que la portion de territoire à rattacher aux Pays-Bas devrait nécessairement inclure Butry, puisqu’il s’agissait à l’époque de terres appartenant à Auvers. Si l’on veut ancrer le Rattachement dans l’Histoire, alors il convient de respecter cette dernière, sans accorder plus d’importance que nécessaire aux divagations d’un préfet visiblement mal remis des horreurs de la seconde guerre mondiale.

Au reste, si l’on veut bien s’intéresser à l’Histoire récente, on constate que nos deux communes sont indubitablement liées. Lorsque fin 2004 fût décidée la création de la Communauté de communes de la Vallée de l’Oise et des impressionnistes (ou CCVOI pour les intimes), Auvers et Butry furent à cette occasion à nouveau réunies. Quand en 2016 fût dissoute la CCVOI, c’est ensemble qu’Auvers et Butry ont rejoint la Communauté de communes de la Vallée du Sausseron (aujourd’hui renommée en Communauté de communes Sausseron Impressionnistes, ou CCSI).

Il ne faut pas se le cacher, la communauté de communes à laquelle nous appartenons a beaucoup de mal à exister aux yeux de ceux qui la peuplent. Bien sûr, de nombreuses compétences lui ont été transférées, mais les réalisations concrètes et vraiment visibles se font attendre: nous n’avons toujours pas de piscine intercommunale, la création d’une cuisine centrale pour les cantines scolaires semble au point mort, il n’y a aucun projet de création de locaux dédiés pour le conservatoire, les pistes cyclables reliant l’ensemble de nos communes ne semblent pas être au programme, et ne parlons pas de la pose de la première pierre de l’aire d’accueil des gens du voyage intercommunale…

Certains s’interrogent sur les difficultés que peuvent rencontrer toutes les communes regroupées dans la communauté pour travailler ensemble, d’aucuns vont même jusqu’à s’interroger sur la réelle volonté des élus de la faire exister au-delà de ce que peuvent être les obligations légales. À ce titre, que penser, lorsqu’on voit que sur le site officiel de la CCSI l’ouverture du multi-accueil au centre-ville d’Auvers est annoncée au futur, alors même qu’il a ouvert il y a deux ans de cela? Rien si ce n’est que, au minimum en matière de communication numérique, ce n’est pas un projet très suivi.

Il est évident que dans ce contexte, nous extraire de cette communauté pour devenir un territoire du Royaume des Pays-Bas ne peut être qu’un changement positif, c’est à une dynamique toute autre que nous nous intégrerons. Mais dans ce cas, sommes nous en droit d’abandonner nos soeurs et frères butryotes et butryots à leur propre sort? Nous pensons que non. Nous pensons qu’il faudrait, par respect pour notre Histoire, qu’ils nous accompagnent dans cette formidable aventure du Rattachement.

Nous n’avons pas la prétention de faire l’unanimité. Pour avoir échangé avec des membres de l’association des ABRUTSI (Auversois et Butryots Réunis pour une Union de nos Territoires Sereine et Immédiate), nous savons qu’une large part de la population de Butry serait prête à nous suivre. Néanmoins, Nous aurons certainement à faire face à l’opposition farouche du très droitier groupe des DEBILOS (Défenseurs Énergiques de Butry, de ses Intérêts Limitrophes et de l’Ordre Social), et de sa branche armée, le Mouvement du 3 juillet (en référence à ce que ces gens appellent « l’indépendance » de Butry, alors qu’il s’agit uniquement de la date de la signature du décret préfectoral décidant le démembrement…).

La mouvance indépendantiste butryote reste aujourd’hui très influente (lisez donc la page 15 de ce PDF du bulletin municipal butryot de juillet 2007, c’est édifiant!) et très active. Nous soupçonnons d’ailleurs les DEBILOS d’être à l’origine de la suspension de notre première page sur Facebook il y a quelques jours, mais nous n’avons malheureusement pas d’éléments de preuve à fournir. Nous n’écartons cependant pas totalement la possibilité que les CHIANTS (Citoyens Honnêtes pour l’Intégration d’Auvers à la Norvège Tout de Suite) puissent être mêlés à l’affaire. Mais nous nous éloignons du sujet.

Pour trancher sur une question qui divise, sans avoir à menacer de couper un enfant en deux, on n’a pas encore trouvé mieux que la démocratie. Le plus sérieux consisterait donc en l’organisation d’un référendum posant tout bonnement la question aux Butryotes et Butryots: souhaitent-ils oui ou non être à nouveau liés aux auversois, comme au bon vieux temps, quand on n’avait pas encore la télé, le cinéma, internet et toutes ces bêtises-là?

On pourrait évidemment se demander si un référendum ne serait pas nécessaire côté Auvers: après tout, pourquoi les auversois ne seraient-ils pas consultés avant que telle (ré)union ne soit effective? Honnêtement, nous pensons que ce serait une perte de temps. Et une trop belle occasion de nous diviser à un moment où il nous faut au contraire être unis dans un but commun. D’autant que nous aurions tout à gagner à remettre la main sur Butry.

Tenez, rien que pour le développement touristique, dont pour bien des auversois il est important qu’il se poursuive: et bien, avec Butry, ils seront servis. En effet, et en ses murs, la ville abrite l’extravagant et unique Musée des tramways à vapeur et des chemins de fer secondaires français, qui ramène à lui tous les passionnés de rail, qui viennent du monde entier découvrir ses merveilles. De quoi diversifier notre offre touristique et ainsi inciter nos visiteurs à prolonger leur séjour, laissant entrevoir la possibilité de séjours touristiques plus longs, nécessitant des infrastructures hôtelières plus nombreuses!

Ce seul exemple étant largement suffisant pour expliquer combien il est urgent pour nous de récupérer Butry, reste à savoir comment s’organiser au niveau timing. La lettre de demande de rattachement au Royaume des Pays-Bas à envoyer en recommandé A/R au roi actuel n’étant pas prévue pour tout de suite, nous avons deux-trois trucs à faire avant, nous proposons de prendre dès maintenant langue avec l’équipe municipale en place pour commencer à négocier les modalités d’une future réunion de nos communes en vue du Rattachement.

Nous suggérons que le référendum pose la question d’une fusion des deux communes, de sorte que Butry redevienne un hameau d’Auvers, comme en 1890. Afin d’être certains d’obtenir le soutien des ABRUTSI, mais aussi des plus ardents DEBILOS, il faudrait se mettre d’accord dès le départ sur un principe que nous pensons propre à satisfaire tout le monde: nos deux communes fusionneraient en préalable au Rattachement, mais une fois celui-ci effectué, une nouvelle scission aurait lieu.

Pour les DEBILOS, nous redeviendrions deux municipalités néerlandaises séparées, si bien qu’ils garderaient la satisfaction de de plus vivre dans l’ombre des auversois. Pour les ABRUTSI, nos deux communes seraient de facto unies dans leur destin, puisque seules composantes d’une exclave du Royaume des Pays-Bas en terre républicaine française. Il est d’ailleurs intéressant de noter que si nous parvenions à ce compromis, et puisqu’à partir de deux on peut dire plusieurs, nous pourrions alors prétendre au titre de province néerlandaise, à l’égal des deux Hollande ou du Brabant-Septentrional, ce qui nous assurerait une sacrée crédibilité dans le Royaume. Resterait simplement à trouver un nom pour la province. Nous avons pensé à « Vexin Néerlandais », mais toutes les idées seront les bienvenues.

C’est tout pour aujourd’hui, et si vous avez des accointances butryotes, n’hésitez surtout pas à leur parler de notre projet.

« Het ijzer smeden als het heet is »

PRA