Et que chacun se mette à jouer

2019-08-22 Boston (3)« 2019-08-22 Boston (3) » by Paul-W is licensed under CC BY-NC-SA 2.0

S’il y a un domaine où les néerlandais ne sont pas des rigolos, c’est bien la musique. Ancienne, folklorique, actuelle, électronique, vous pouvez y allez, ils sont forts en tout. C’est en quelque sorte inscrit dans leur ADN. Nous avons jugé utile d’évoquer le sujet, parce qu’en la matière, on peut dire qu’à Auvers-sur-Oise, nous avons du répondant. Jugez plutôt.

L’autre art majeur de la ville

Vu de l’extérieur, le nom d’Auvers-sur-Oise, si l’on veut bien mettre un instant de côté notre cher Vincent, est immanquablement associé au Festival d’Auvers, lequel s’apprête à fêter comme il se doit son entrée dans la quarantaine. Est-il encore utile de le présenter, cet évènement contribue à la renommée mondiale de notre ville, tant il a su attirer les talents, des plus reconnus au plus prometteurs. Il a été vaguement question de brouilles entre la municipalité et le Festival durant ces derniers mois, nous sommes pour notre part convaincus que tout cela relève au départ d’un malentendu, et que cette histoire finira par s’arranger d’elle-même.

Dans un registre un peu plus léger, notre ville peut s’enorgueillir d’avoir accueilli l’année dernière la toute première édition d’un festival dédié au Ukulele, Auvers-sur-Uke, fait d’armes notoire d’une palanquée de jeunes gens bien sous tout rapport. Cet évènement souligne bien le fait qu’au-delà de la musique en tant que spectacle destiné à des auditeurs exigeants, les auversois l’envisagent également comme un art aussi accessible que vivant, pour lequel il n’y a pas d’âge pour oser se lancer. On ne peut pas dire que cette façon de voir les choses soit si courante que cela en France.

Autre preuve de l’attachement d’Auvers-sur-Oise à la musique: l’existence du Conservatoire de Musique Sausseron-Impressionnistes. Voilà une structure portée à bout de bras par des passionnés, qui a survécu à la disparition de l’ancienne intercommunalité dont elle dépendait, qui arrive à dispenser un enseignement de qualité en l’absence de locaux dédiés ou de moyens conséquents, et qui parvient à attirer un public toujours plus nombreux! Alors oui, ceux qui forment sont motivés, mais ceux qui sont formés ou parents de formés, eux aussi font exister cette institution, et parmi eux, quelle quantité d’habitants d’Auvers!

Les auversois sont d’ailleurs à ce point désireux de voir leurs enfants bénéficier d’un enseignement musical, qu’ils se mobilisent en nombre suffisamment important pour permettre l’émergence d’une deuxième école de musique, qui vient d’ouvrir ses portes à la rentrée. Deux structures d’enseignement musical dans une même ville de moins de 7000 habitants? On ne peut croire que cela soit si courant. Et encore, on ne compte pas les professeurs particuliers qui oeuvrent à l’échelle individuelle.

Et le rattachement dans tout ça?

Puisque manifestement Auvers-sur-Oise est déjà au top musicalement parlant, on pourrait s’interroger sur l’utilité de consacrer un article entier à la question si nous n’avons rien à gagner sur cet aspect dans le cadre d’un Rattachement au Royaume des Pays-Bas. Mais vous pensez bien que nous n’avons pas choisi ce sujet par hasard. Et vous oubliez un peu vite à quel point ce tout petit pays dans lequel nous nous reconnaissons tant est du genre à se montrer précurseur dans tous les domaines.

Alors oui, c’est vrai, chez nous, nous l’avons vu, il y a largement de quoi assurer l’apprentissage de la musique aux enfants. Du moins pourriez-vous le croire. Car en réalité, c’est bien, mais pas suffisant. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est la science. Et même la neuroscience si on veut être tout à fait précis. Si vous prenez le temps de lire cet article sur le site de France Musique, vous verrez que tout procède d’une logique implacable: l’étude qui prouve que la pratique musicale régulière au sein même de l’école est l’une des clés de la réussite scolaire a été réalisée par des chercheurs de l’Université d’Amsterdam. Oui, Amsterdam, vous savez la capitale de, bon sang mais c’est bien sûr, des Pays-Bas!

La différence entre nos deux pays, c’est que quand une étude comme celle-ci est publiée en 2018, en France on se contente d’en faire au plus vite un article sur le site internet d’une des antennes de Radio-France, tandis qu’aux Pays-Bas on envisage la possibilité de mettre en place des cours musicaux dans l’ensemble des écoles primaires d’ici à 2020. Pas tout à fait la même approche. Et vous voyez où nous voulons en venir: devenons néerlandais, et nos enfants pourront bénéficier de cet enseignement qui les aidera à construire des bases solides qui leur serviront toute leur vie. Un auversois milite pour cela depuis des années, nous le saluons respectueusement au passage, car nous croyons en son combat.

Comme nous avons pu en parler dans l’article-fleuve consacré à la présentation de notre projet, la culture doit être l’un des axes principaux de la politique ambitieuse et volontaire qu’il sera possible de mettre en place suite au Rattachement. À cet égard, il nous paraît évident, pour ne pas dire naturel, que la musique en soit largement bénéficiaire. La science nous donne raison. Et ça tâche moins que la peinture.

Et un soupçon de fun en bonus

À part l’équipe de foot, les tulipes, les coffee shops, les prostituées en vitrine et Spinoza, il est vrai qu’en France nous sommes relativement ignorants en matière de culture néerlandaise. Si nous avons vu que la musique y tient une grande place, il existe un particularisme dont nous, au PRA, sommes particulièrement jaloux, au point de nous dire que qu’avant même le Rattachement il faudrait que nous l’adoptions: la fanfare.

Car oui, le Royaume des Pays-Bas est un royaume de fanfares, un paradis des cuivres et autres percussions. Cela va de la fanfare de musique traditionnelle à base de Poum-pam-poum-pam-poum-pam-poum qui joue des airs qui se dansent sabots aux pieds, aux Brass Bands plus policés dignes de ceux qu’on trouve en Grande-Bretagne (que ceux qui n’ont pas encore vu Les Virtuoses remédient à cela au plus vite!), jusqu’aux fanfare funks plus endiablées que ne renieraient pas Ceux-qui-marchent-Debout. Et là, vous direz ce que vous voudrez, il nous faut une fanfare à Auvers, nous ne transigerons pas sur ce point.

PRA