Parce qu’on vient de loin

Corneille, Familie met Hond, 1949

Et si nous vous disions que notre cher Vincent n’est pas le seul artiste à la renommée internationale inhumé en terre auversoise? Si nous vous disions que Corneille repose pas bien loin de lui, à quelques pas seulement? Ceux d’entre vous les plus férus de culture seront sûrement tentés de nous dire que, certes, sa carrière est peut-être un peu au point mort en ce moment, mais enfin, de là à le considérer comme mort et enterré, il n’y a qu’un pas que la décence exige de ne pas franchir.

Vous allez rire, en réalité, ce n’est pas de l’immense chanteur et interprète de l’inoubliable titre Les Sommets de nos vies que nous parlons. Non, aux dernières nouvelles, ce jeune homme est toujours en vie et en pleine possession de ses moyens. Vous pouvez d’ailleurs vous procurer son dernier album, Parce qu’on aime, chez n’importe quel disquaire digne de ce nom, et même assister à son concert au Trianon le 15 décembre prochain (il reste des places!)

Refermons cette parenthèse musicale, pour revenir au sujet qui nous intéresse. Car certes, il y a le Corneille chanteur, celui que tout le monde connaît, mais il n’est pas le premier à avoir connu la célébrité sous ce nom. Il en est un autre, fameux lui aussi, qui connût en son temps la reconnaissance de son art en se faisant appeler ainsi. Vous l’aurez compris, nous faisons bien entendu référence à Corneille, né Guillaume Cornelis Van Beverloo, l’incontournable créateur polytalentueux, peintre, céramiste, sculpteur, poète et initiateur du mouvement Cobra.

Nous n’allons pas ici tenter de vous rédiger une biographie condensée de ce Corneille-là, le grand internet en regorge déjà bien assez, ni avoir la prétention de vous résumer ici l’essence de son oeuvre. Nous nous contenterons simplement de vous rappeler, si vous l’aviez oublié, que ce grand artiste, tout comme notre cher Vincent, est né néerlandais avant de s’éteindre en Val d’Oise. Il n’y a pas de hasard. L’on ne nous ôtera pas de l’idée que si, après avoir vécu les 15 dernières années de sa vie à Villiers-Adam, ce Corneille-là a choisi Auvers pour être sa dernière demeure, c’est bien parce qu’en néerlandais sensible et précurseur, il s’y sentait chez lui, plus que n’importe où ailleurs.

Ce serait nous faire un bien mauvais procès que de nous qualifier d’opportunistes se repaissant des dépouilles de grands hommes pour servir nos obscurs desseins. Notre ferveur, comme celle de l’ensemble des auversois, se veut candide, faite de respect, de reconnaissance et d’une profonde affection. Si nous savons au quotidien, et presque à l’excès, en faire montre à l’égard de notre cher Vincent, il n’en va cependant pas tout à fait de même pour ce Corneille-là. En tant que notre futur compatriote, qui a su voir en Auvers une terre digne de lui, nous lui devons un geste simple de remerciement.

Nous concernant, nous faisons le choix, radical et assumé, de changer notre façon de le désigner. Plutôt que d’utiliser le vocable « ce Corneille-là », employé à plusieurs reprises dans ce texte, nous nous engageons dès à présent à faire référence à lui en utilisant un vocabulaire qui saura mieux dire notre gratitude et notre attachement. Tout comme nous employons « notre cher Vincent » pour parler de Van Gogh, nous parlerons désormais de « notre cher Guillaume ».

Nous souhaiterions par ailleurs que l’on fît dès que possible le nécessaire pour qu’au cimetière d’Auvers une signalisation fût mise en place, tout comme pour c’est le cas pour notre cher Vincent, de manière à indiquer la localisation de la sépulture de notre cher Guillaume, afin que les touristes fussent également incités à conserver la mémoire de l’homme et de son oeuvre.

France - Auvers-sur-Oise (Vol 1)

Avouez qu’elle vaut le détour, non?

PRA